Le pôle d’externalisation de la paie du groupe HR Path, produit en moyenne 300 000 bulletins de salaire par mois pour des milliers de clients de toutes tailles, sur une grande diversité de logiciels. Depuis le début de l’année 2024, le groupe s’appuie sur myDSN pour fiabiliser des déclarations dont la DSN est le dénominateur commun. Marc Pettré, partner de HR Path, expert en externalisation de la paie, témoigne de son expérience.
Que représente la DSN à vos yeux ? Une contrainte, un actif à valoriser ou un risque à maîtriser ?
Elle est un peu tout cela à la fois, mais je retiens d’abord une magnifique opportunité. Nous faisons de l’externalisation de la paie sur un grand nombre de logiciels du marché, et non sur un seul. Or, s’il existe une donnée normalisée, c’est la DSN. Elle est notre véritable trait d’union entre des clients et des outils très différents. Notre premier objectif est de la contrôler, pour garantir à nos clients des déclarations justes, mais elle porte bien d’autres opportunités, à commencer par l’harmonisation de nos pratiques.
À l’échelle de centaines de milliers de bulletins par mois, produits pour des milliers de clients sur des moteurs différents, où se logent les vrais risques de fiabilité ?
Le volume, d’abord. Nous produisons la paie de milliers de clients et déposons près de 10 000 DSN chaque mois. À cette échelle, le risque tient surtout à l’hétérogénéité, car chaque logiciel embarque ses propres contrôles et chaque gestionnaire avait un peu sa technique. Nous cherchions un contrôle homogène et indépendant des outils. Il s’agit de vérifier que la paie est juste, que la déclaration l’est aussi, et que l’ensemble reste cohérent avec la comptabilité, ce que nous appelons la triangulation.
Avec myDSN, vous avez ajouté une couche de contrôle dédiée. Qu’est-ce qui vous a décidé, et à quoi ressemblait votre production DSN auparavant ?
Auparavant, nous nous appuyions sur les outils de chaque éditeur, complétés par des contrôles additionnels plus ou moins automatisés, les bons fichiers Excel et les pratiques propres à chaque gestionnaire. C’était peu harmonisé et bien moins riche. Nous voulions un contrôle transverse et agnostique, capable de s’appliquer quel que soit le moteur de paie. myDSN nous a apporté cela, avec une granularité et une profondeur d’analyse qui vont bien au-delà de ce que l’on trouve en standard, et la possibilité d’examiner la donnée selon de nombreux axes.
Qu’est-ce que myDSN a changé dans votre façon de contrôler la DSN, notamment face aux contrôles de l’URSSAF ?
L’outil nous donne la même vision que les organismes, voire plus riche encore. Au quotidien, cela se joue dans le traitement des comptes rendus métier : nous pouvons reconstituer une déclaration en intégrant ses correctifs successifs, là où l’URSSAF elle-même peut se perdre entre les corrections d’un mois sur l’autre.
C’est avant tout un support de dialogue avec les organismes. Nous prenons un engagement de justesse auprès de nos clients, et nous devons pouvoir expliquer et justifier chaque écart. Sur les DSN de substitution, récemment, cela a été décisif. Grâce à l’outil et au travail de nos gestionnaires, nous avons réussi à ne pas y être confrontés. Et l’enjeu ne fera que croître. Après la DSN de substitution, le fait générateur, en 2027, imposera une traçabilité encore plus fine, et c’est précisément ce que cette visibilité d’ensemble nous permet d’anticiper.
Comment avez-vous déployé myDSN à l’échelle de vos équipes ?
Nous avons retenu la solution à l’issue d’un appel d’offres, puis procédé à un déploiement par lots, le temps de former les équipes. Avec plus de 9 000 établissements et plus de 300 gestionnaires, cela prend du temps, mais les bénéfices ont été immédiats. Nous avons constitué une équipe transverse, en support et en expertise sur l’outil comme sur la DSN, car cette matière exige une réelle compétence. myDSN offre à nos collaborateurs une vision partagée et une chaîne de contrôle à plusieurs niveaux où chacun dispose de la granularité d’informations dont il a réellement besoin : une vue d’ensemble pour la direction, son périmètre métier pour un responsable d’équipe, ses propres dossiers pour un gestionnaire… Au-delà de l’accès à l’information, c’est un véritable outil de pilotage de la qualité : il nous aide à homogénéiser les pratiques d’un dossier à l’autre et à faire monter nos gestionnaires en compétence. Le déploiement de myDSN est un projet d’entreprise qui ne s’arrête jamais, car la DSN ne cesse d’évoluer.
Comment décririez-vous les gains concrets de cette industrialisation du contrôle ?
Le premier bénéfice n’a pas été le temps, mais la qualité et la sérénité, avec une vision claire et précise de ce qu’il fallait traiter. La productivité est venue ensuite, plus progressivement. Le gain le plus décisif est aussi le moins visible car en corrigeant au bon moment, on s’épargne les corrections a posteriori, bien plus coûteuses à gérer. Le bénéfice est tout aussi fort du côté de la relation avec nos clients. Nous prenons un engagement de justesse, et le tenir préserve la confiance : moins d’incidents, moins de réclamations à gérer, une relation plus sereine. Éviter une seule DSN de substitution, qu’il faut sinon contester, corriger, puis réaligner avec la comptabilité, représente déjà un gain considérable, pour nous comme pour eux.
Au-delà du contrôle, comment exploitez-vous cette donnée fiabilisée, pour vous et pour vos clients ?
Nous sommes allés plus loin que le contrôle en nous orientant vers la production de reportings très riches à partir des données de la DSN. En externalisation, nos clients ne voient pas la DSN elle-même, tout au plus une réclamation d’organisme. Avec myDSN Reporting, ils découvrent qu’elle n’est pas qu’une obligation. Elle produit des états réglementaires et des tableaux de bord qui offrent une véritable valeur ajoutée. Comme la donnée est normalisée, ce reporting reste continu même lorsqu’un client change de logiciel de paie. C’est peut-être là aussi que commence l’éducation à la DSN : vos reportings sont justes, votre DSN est juste.
Avec le recul, en quoi l’adoption de myDSN a-t-elle été un choix pertinent pour un acteur de votre taille ?
Nous avons atteint une bonne partie de nos objectifs, et nous voyons encore beaucoup de potentiel. Nous avons gagné en qualité, en sérénité et en professionnalisation, ce qui a renforcé notre offre et notre positionnement premium, du contrôle jusqu’au reporting social. La différence de taille entre HR Path et un éditeur plus jeune comme Norme RH nous a d’abord interrogés ; ce qui nous a rassurés, c’est la maturité de leur outil, déjà très abouti, et leur expertise de l’analyse de la DSN. Nous avons noué un vrai partenariat et leurs équipes ont co-construit avec nous l’évolution de leur reporting, faisant progresser leur solution avec une grande réactivité.
Recommanderiez-vous myDSN à des confrères externalisateurs ?
Il nous est déjà arrivé d’échanger avec des prospects de Norme RH pour leur exposer les bénéfices que nous en avons retirés. C’est aussi une question d’équilibre. Nous avons tout intérêt que Norme RH se développe car il contribue à faire avancer la perception du potentiel de la DSN dans les organisations.
Nous restons transparents à ce niveau, même si nous gardons pour nous quelques recettes que nous avons su nous concocter. Sur le fond, travailler avec myDSN est l’une des décisions que je suis le plus heureux d’avoir portées. Le choix d’un outil ne s’arrête jamais à la signature… c’est le début d’une histoire que l’on continue d’écrire et de faire grandir ensemble. La nôtre, jusqu’ici, est une vraie réussite.


